Comment écrire un plan strat sans prolonger les lignes ?

« J’ai bien peur qu’on ne se remette pas assez en cause », s’inquiète un client qui va plancher sur sa stratégie avec son Comex. Préoccupation légitime : on a tendance à penser que l’environnement dans lequel opère l’entreprise ne changera pas significativement, que les tendances actuelles se poursuivront de manière linéaire. Bref, à sous-estimer les changements à l’oeuvre.

Continuer à faire ce qui a toujours été fait, c’est plus facile que de réfléchir à une nouvelle approche.

Comment résister au biais de continuité, au biais de 𝑠𝑡𝑎𝑡𝑢 𝑞𝑢𝑜 et écrire un plan stratégique sans prolonger les lignes ?

Réponse : En prenant des chemins détournés.

Voici trois façons de faire un pas de côté. Objectif : remettre en question les évidences, secouer les habitudes et les certitudes.

𝟏. 𝐑𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐡𝐨𝐫𝐬

❌ Des analyses brillantes, des démonstrations super claires, ça ne suffit pas toujours pour sortir du 𝑠𝑡𝑎𝑡𝑢 𝑞𝑢𝑜.

✅ Ce qui secoue souvent davantage : raconter comment s’y prend un homologue… et montrer que ça marche.

Allez rencontrer des clients, fournisseurs, partenaires.
Des entreprises d’autres secteurs, des boîtes qui font la même chose que vous dans d’autres pays.

Ça ouvre les chakras et ça aide à s’attaquer à des tabous.

𝟐. 𝐑𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐥𝐚𝐫𝐠𝐞

❌ Souvent, chaque patron de division ou de fonction travaille de son côté puis présente aux autres sa stratégie. En général il ne se fait pas beaucoup challenger.

✅ Commencez par construire ensemble la stratégie de l’entreprise (ou de la BU, ou de la filiale) au global. Ça oblige à s’extraire des logiques territoriales, à appréhender la logique d’ensemble.

𝟑. 𝐑𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐥𝐨𝐢𝐧

❌ Lorsqu’on écrit un plan stratégique à 3 ans, on a tendance à formaliser des projets déjà prévus, voire déjà démarrés.

✅ Définissez d’abord l’Ambition — à 5 ans, à 10 ans selon le secteur —  avant de revenir au plan stratégique.

Je parie qu’un nouvel axe stratégique va se dégager, auquel vous n’aviez pas pensé.

Sortir de l’entreprise, prendre de la hauteur, se projeter à 10 ans… Ca peut être frustrant pour des opérationnels qui aiment aller droit au but.

Et pourtant il faut résister à la tentation d’aller vite.
Le temps perdu est un excellent investissement.

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