Il y a un principe que les anciens de General Electric continuent souvent d’appliquer des années après avoir quitté le Groupe. Ce principe, c’est 𝑏𝑟𝑖𝑛𝑔𝑖𝑛𝑔 𝑚𝑢𝑙𝑡𝑖𝑝𝑙𝑒 𝑜𝑝𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑡𝑜 𝑡ℎ𝑒 𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒. Ca ne date pas d’hier, cette ligne de conduite a été instituée sous la direction de Jack Welch dans les années 1990.
Chez GE, les équipes sont fortement incitées à ne jamais venir avec un seul plan, mais à présenter au moins une ou deux alternatives.
Par exemple, avant de lancer un nouveau produit, le directeur du programme doit forcément présenter plusieurs concepts : plusieurs segments cibles, plusieurs niveaux de prix ou encore plusieurs modèles de distribution.
Si ce principe marque durablement les ingénieurs ou managers passés par GE, c’est qu’il a plusieurs vertus.
● 𝐈𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐦𝐢𝐞𝐮𝐱. Cela pousse à creuser, à explorer davantage, à rencontrer différents interlocuteurs. Pour pouvoir comparer, on a besoin de collecter plus de données terrain, de multiplier les angles de vue. In fine, cela apporte de la crédibilité, du poids à la décision.
● 𝐈𝐦𝐩𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐫. Quand il y a plusieurs options plutôt qu’une sur la table, les décideurs sont plus actifs dans la réflexion et la décision. On profite vraiment de l’intelligence collective. D’ailleurs, la solution qu’on retient finalement n’est souvent aucune des options présentées, mais un hybride, voire une option nouvelle.
Comme toutes les recettes, ce principe peut être contre-productif s’il est appliqué sans discernement. Puisque l’équipe présente des options, elle peut avoir tendance à transférer la décision à la hiérarchie et se désengager.
Mais 𝑏𝑟𝑖𝑛𝑔𝑖𝑛𝑔 𝑚𝑢𝑙𝑡𝑖𝑝𝑙𝑒 𝑜𝑝𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑡𝑜 𝑡ℎ𝑒 𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒 reste un excellent point de départ pour se forger une conviction collective et porter un plan avec d’autant plus d’énergie qu’on l’a mûri ensemble.