« Le développement de notre outil de gestion des risques a dérapé : +50 % de coûts, 2 ans et demi au lieu de 18 mois. On a manqué d’ingénieurs expérimentés. On a recruté beaucoup de juniors. On a finalement dû refaire toute l’architecture du système. Et puis, pas de chance : une panne du serveur de test nous a fait perdre un mois. »
Les détails changent, mais la musique est toujours la même.
Qu’il s’agisse de BTP, d’aéronautique (ou de l’organisation des JO, ou de refaire sa cuisine), la conclusion est souvent : « On est nuls en exécution. »
Alors on invoque les 𝑢𝑠𝑢𝑎𝑙 𝑠𝑢𝑠𝑝𝑒𝑐𝑡𝑠 : cahier des charges qui bouge en cours de route, fournisseurs en retard…
Sans parler des problèmes de communication entre équipes.
Mais il y a une chose qu’on remet rarement en cause.
👉 L’estimation initiale.
Parfois, le décalage entre le plan et la réalité ne vient pas tant d’une mauvaise exécution que d’une mauvaise estimation dès le départ.
𝐀𝐩𝐩𝐫𝐨𝐜𝐡𝐞 𝐜𝐥𝐚𝐬𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞
On découpe le projet en tâches, on estime coûts et durées en pensant au cas idéal.
Or, dans un projet complexe, il y aura des imprévus. C’est certain.
La seule inconnue, c’est : lesquels.
Résultat : une estimation best case… à côté de la plaque.
𝐀𝐧𝐭𝐢𝐝𝐨𝐭𝐞
Aller chercher des projets comparables, regarder ce qu’ils ont réellement coûté, combien de temps ils ont vraiment pris.
Ce n’est pas simple :
Les données ne sont pas publiques.
Il faut aller parler à d’autres organisations.
Et surtout — le plus difficile — résister à l’idée que “notre projet est différent”.
Le jeu en vaut la chandelle.
Pour le respect du budget
Et aussi, pour le moral des équipes tout au long du projet.