La stratégie, ça ne sert à rien. Enoncer une stratégie c’est comme dire à un fumeur qu’il doit arrêter de fumer. Ce qu’il faut faire, c’est évident, c’est le faire qui est difficile. C’est l’idée centrale du livre « Strategy and the fat smoker » de David Maister (lui-même ancien gros fumeur). Au fond, une équipe de direction sait bien quelle stratégie elle devrait suivre. La difficulté c’est de l’exécuter avec la discipline, la focalisation, les renoncements, la ténacité presque obsessionnelle qui font la réussite.
Comme beaucoup de thèses accrocheuses, c’est un peu faux. Dans plein de contextes, discerner la bonne ligne stratégique est loin d’être évident. Mais là où nous rejoignons David Maister, c’est que mieux vaut une bonne stratégie (un 14/20), que les équipes s’approprient vraiment, qu’une stratégie brillante (un 17/20) qu’on ne fera pas. Pour faire une autre analogie dans un domaine qui m’est familier : pour perdre du poids, au régime idéal préférez le régime que vous allez vraiment suivre.