Le dirigeant de Rolls Royce a redressé son entreprise en deux ans grâce à son approche anti-cowboy. Le Rolls-Royce dont il est question ici n’est pas le fabricant de voitures mais le groupe aéronautique, qui a un chiffre d’affaires de 19 milliards d’euros et équipe en moteurs d’avions les plus grandes companies aériennes.
Avant que Tufan Erginbilgiç n’en prenne la tête en 2023, Rolls Royce a vécu ces dix dernières années une descente aux enfers, marquée par des profits warnings, des restructurations infructueuses, jusqu’au choc du Covid-19 qui a cloué les avions au sol et laminé les revenus.
Deux ans plus tard, le prix de l’action a été multiplié par huit et l’objectif d’Ebit a été atteint avec deux ans d’avance.
Cela vaut la peine de s’intéresser à ce patron au nom imprononçable, né en Turquie.
L’article du Financial Times « Turning round Rolls-Royce » décrit sa méthode, en quatre piliers.
𝟏. 𝐓𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐮𝐧 𝐦𝐢𝐫𝐨𝐢𝐫 aux collaborateurs pour décrire la situation, analyses et données à l’appui. Les employés ont été secoués, mais en sont sortis lucides.
𝟐. 𝐀𝐜𝐜𝐞𝐩𝐭𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐨𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐨𝐬 𝐜𝐫𝐞𝐚𝐭𝐢𝐟
Plutôt qu’une élaboration de la stratégie en petit comité, 500 collaborateurs ont participé à une série de workshops.
« La stratégie peut être trop ordonnée, trop théorique … Il faut du foisonnement pour que de nouvelles idées puissent émerger », explique Tufan Erginbilgiç.
𝟑. 𝐄𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐩𝐥𝐚𝐧 𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫, 𝐪𝐮𝐢 𝐢𝐦𝐩𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫
« Si vous n’avez pas une stratégie qui se décline concrètement pour les 42000 collaborateurs, elle ne se réalisera pas ».
𝟒. 𝐀𝐠𝐢𝐫 𝐯𝐢𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐲𝐭𝐡𝐦𝐞
« Si vous n’obtenez pas rapidement des résultats, vous perdez les gens. Quand vous ‘délivrez’, mois après mois, de plus en plus de collaborateurs y croient. »
Loin de la figure du héros solitaire, ce sont l’analyse et la construction en équipe qui priment.
Ni colt ni show mais des résultats.